Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04/04/2013

Oyez, oyez !

On serait sur la piste d'un tableau de Modigliani perdu ! Une toile de maître inconnue du grand public cela n'a pas de prix vous imaginez bien. Tout le monde de l'art doit se lancer à sa recherche, certains pour l'amour (de l'art éhé), d'autre par cupidité, certains par ennui, d'autres parce que c'est leur métier, des étudiantes en histoire de l'art, des collectionneurs, des galéristes avides de gros sous et d'autres dans le besoin, des artistes dépités en mal d'argent..; On croise de tout dans Le Scandale Modigliani de Ken Follett, et surtout beaucoup de personnages, résultat on s'y perd et on a du mal à voir comment chacun va tirer son épingle du jeu. Le début du roman est particulièrement séduisant puisqu'on annonce la thèse d'une étudiante sur les effets des drogues dans la création picturale, c'est d'ailleurs son sujet de doctorat qui la ménera sur la piste du Modigliani perdu. J'en suis à la moitié du livre et pour le moment les pistes pour le retrouver sont plutôt maigres et pas très bien ficelés même si on voyage de Paris aux galeries de Londres en passant par la campagne italienne. Mëme si le scandale tant attendu tarde à se faire connaître, même si on se perd dans cet imbroglio de personnages secondaires, au final ça a son charme et pour le moment j'ai encore envie de finir le bouquin, voilà pourquoi j'en parle aujourd'hui, moi qui n'avait jamais lu Ken Follett (même pas Les Pilliers de la Terre, bouuuuh).

Modigliani on weed ça pourrait ressembler à ça, ou encore à ça ou ça. modigliani, le scandale modigliani, ken kollett
modigliani, le scandale modigliani, ken kollettmodigliani, le scandale modigliani, ken kollett

02/04/2013

Madame est servie

Une jolie histoire de femme sous le soleil pastel de Sardaigne (encore). la comtesse de ricotta, milena agus

La Comtesse de ricotta de Milena Agus n’a rien d’une comtesse, sa famille est désargentée et ses mains encore plus molles que le célèbre fromage italien. Dans la vie comme en amour, tout lui échappe et elle se laisse porter en espérant rencontrer l’amour, un homme qui serait comme un père pour son fils dont tous les enfants de l’île se moquent à cause de ses lunettes aux verres encore plus gros qu’une loupe.

Les soeurs de la Comtesse poursuivent elles aussi des rêves inaccessibles mais reprochent à
leur soeur son penchant pour la rêverie.

Non, Noémie l’aînée se démène comme une damnée pour que le palazzio familiale retrouve son luxe d’antan et la famille son statut d’aristocrate. Maddalena, elle, se rêve mère de famille comblée et pour cela tous les vendredis soirs elle passe de Bobonne à déeese de la luxure. Elles rêvent, elles courent chacune à sa manière, dans la frénésie de l'acte sexuel ou dans le lenteur de l'attente après une vie qu'on souhaite plus douce ou plus méritée.  Mais les trois soeurs vont apprendre que les rêves se payent parfois au prix du renoncement. C’est une jolie histoire de femmes, une fable qui parle de rêves et d’espérances avec beaucoup de poésie et tout cela avec en musique de fond une lancinante roucoulade italienne.

25/03/2013

C'est pas la première impression qui compte

le prisonnier du ciel, carlos ruiz zafon, guerre civile espagnoleJe l'ai déjà dit, il y a des livres dont j'ai peur de parler pour ne pas laisser s'envoler la magie de la lecture par des banalités qui ne sont pas à la hauteur du livre. Mais je me lance quand même. Il y a quelques années on m'a offert 2 fois le même noël L'Ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon. Ca a été une révélation, un rêve fantasmagorique de 400 pages dans les brumes épaisses d'une Barcelone qui ne ressemble en rien à celle de L'Auberge espagnole de Klapish Puis il y eu la suite, Le Jeu de l'ange, un prequel comme on dit maintenant, qui chronologiquement pose les pierres du premier tome. Et là j'ai trouvé ça glauque et presque malsain. Une grosse déception pour moi.

Et début 2013, sort Le Prisonnier du ciel, le troisième tome de cette trilogie qui peut se lire dans le désordre, même si vous le verrez si vous vous lançez, c'est en lisant les 3 tomes à la suite qu'on se rend compte du tour de forçe littéraire de Zafon. J'ai eu du mal à l'acheter, je voyais Le Prisonnier du ciel m'appeler sur les rayonnages des librairies comme un souvenir de L'Ombre du vent. Mais c'est pour les lecteurs de la bibliothèque que je l'ai acheté plus que pour moi, sachant qu'on nous le demanderait. Et ça a été plus fort que moi, je l'ai ouvert...

Le Prisonnier du ciel est la "réécriture" réaliste du Jeu de l'ange, tout simplement. On y retrouve les Sempere père et fils, les gardiens d'une librairie barcelonnaise, l'ombre de Fumero le bourreau de la guerre civile espagnole, David Martin le jeune écrivain qui perd son âme en acceptant d'écrire le roman du siècle pour le compte d'un personnage diabolique dans Le Jeu de l'ange. Et Fermin. Fermin le protecteur de la famille Sempere. Un petit margoulin qui a traversé la guerre civile dans ce qu'il y a de plus horrible, qui n'a pas la langue dans sa poche et connait les moindres recoins de la Barcelone gothique aux brumes fantasmagoriques de Zafon.

En 1957, un curieux personnage à la gueule cassé et au corps qui l'est encore plus, laisse un message à Fermin. Il posséderait quelque chose qui ne lui appartient pas, une clef. Plus que la clef d'un coffre, celle ci ouvre les portes du passé de Fermin, des secrets de la famille Sempere et les portes de la prison du Fort de Montjuic. A Montjuic, pendant la guerre civile, on a tué, rabaissé les hommes , torturé et laisser la cupidité et la soif de pouvoir prendre le dessus. Comme une boite de Pandore le fort de Montjuic est chez Zafon le berceau des atrocités de la guerre civile et de la "cupidité" (vous comprendrez en lisant le livre) de certains. Et c'est un chef d'ouvre littéraire, un tour de forçe dans la même veine que Shutter Island de Dennis Lehanne. 

Et si vous aimez Le Prisonnier du ciel, vous aimerez également Ana non d'Agustin Gomez Arcos, l'histoire poétique d'une mère qui vit seule la tourmente de la guerre civile espagnole et l'emprisonnement de son fils dissident de Franco.