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07/03/2013

L'Atelier des bras cassés

l'atelier des miracles, valérie tong cuongAvant sa sortie en janvier on a beaucoup parlé de L'Atelier des miracles de Valérie Tong Cuong. Ce serait un beau livre sur l'entre-aide, la générosité et la chance d'une seconde vie. On en a beaucoup parlé... 

Alors moi je me suis dit ça doit être pas mal, 3 personnes en pleine détresse sociale à qui on offre une chance de repartir à zéro. Une prof qui pète les plombs et envoie valser un de ses éléèves dans l'escalier, une jeune femme qui se fait passer pour amnésique après un incendie pour oublier la culpabilité qui la ronge depuis 10 ans, un ancien militaire qu'on imagine plutôt ancien barbouze qu'on sort de l'enfer la rue (le seul personnage vraiment intéressant du bouquin), et cette seconde chance orchestrée par Mr Jean qui dirige une association appelée L'Atelier des miracles. Ca a l'air plutôt bien dit comme ça et moi j'imaginais la faille dans toute cette bonté, un truc qui dégènererait en secte glauque avec Mr Jean dans le rôle du gourou Skippy.

Alors j'ai cherché la faille béante dans cette belle histoire, elle y est mais tellement petite que je suis pas arrivée à m'y engouffrer. Je voulais vraiment un truc bien glauque et pervers, mais ça n'était pas vraiment au rendez-vous. Valérie Tong Cuong montre que la bonté sans arrière pensée ça n'existe pas mais c'est fait sans grande finesse à mon goût et sans qu'elle l'ai exploité à fond. Bref, j'ai été déçue...

04/03/2013

Ainsi parlait Stefan Zweig

stefan zweig, un soupçon légitimeL'obsession d'un homme pour son animal qui vire presque au fanatisme, voilà ce que raconte Stefan Zweig dans Un soupçon légitime. Qui n'a pas parmi ses amis quelqu'un de complètement obsessionnel avec son animal au point d'en faire le roi de la maison ? Moi la première, je ne peux pas jeter la pierre puisque je trouve le moyen de parler de mon chat sur ce blog, alors que le seul rapport qu'il ai avec les livres est de les déchiqueter...

Betsy et son mari vivent tranquillement dans un cottage reculé au fond de la campagne anglaise. Ils se révèlent au cours du roman comme les spectateurs un peu impuissants d'une comédie burlesque qui se finit en drame. Dans le cottage voisin, emménagent les Limpley. Autant la jeune femme est douce et réservée autant son mari est fantasque et se prend d'enthousiasme pour tout ce qui l'entoure. Une seule chose manque à leur bonheur, un enfant qu'il essaye d'avoir depuis 9 ans. AlorsBetsy   la bonne fée amène innocement le loup dans la bergerie : on offre à Mme Limpley un petit chiot pour combler le manque. Fidèle à lui-même son mari "s'empare" de l'animal avec tout l'enthousiasme qu'on lui connait et en fait le roi de la maison dont les ordres et les envies passent avant tout le reste. L'adorable chiot se transforme en despote narcissique qui fait régner la loi chez lui et la terreur dans le voisinage...

Je ne peux pas en dire plus, j'ai déjà l'impression d'entendre crier "SPOILER ! SPOILER !". De toutes façons on devine vite le drame qui va se jouer, pas besoin de moi pour le deviner... Ca ne m'a pas refroidit pour lire le livre dans son intégralité pour autant. Tout d'abord parce que j'ai de l'affection pour l'écriture de Stefan Zweig; Elle est poétique, d'une très belle musicalité et abordable, carrément ancrée dans sa vision humaniste du savoir (petit rappel : selon les humanistes l'homme a des capacités intellectuelles illimitées lorsque l'on met à sa disposition le savoir, Zweig et les humanistes prônent la vulgarisation des savoirs pour le bien de tous). Un soupçon légitime est un livre pour adultes mais je me verrais très bien l'offrir à un ado. Cette histoire parle de tellement de choses qu'on dénonce par exemple en géopolitique (la lâcheté, les yeux qui se ferment, le fanatisme et ses dérives...) , alors que Zweig montre qu'on ne fait pas mieux dans la quiétude d'un cottage anglais...

12/02/2013

Certaines ont lu un livre...

Voilà encore un livre de femmes écrits par une femme. Dans Certaines n'avaient jamais vuCertaines n'avaient jamais vu la mer julie otsuka la mer de Julie Otsuka, la voix des ces femmes japonaises vendues par leurs familles à des japonais qui ont émigrés aux Etats-Unis au début du 20éme siècle est carrément bouleversant. La narratrice qui n'est pas une femme mais toutes CES femmes à la fois, décrit leur parcours de vie et leurs désillusions. Elles pensaient que leurs vies allaient changer, que les hommes qu'elles allaient épouser leur offriraient une vie de confort et de richesse alors qu'elles se retrouvent à travailler dans les champs, à perdre leurs enfants leurs innocence et leurs illusions.

Certaines n'avaient jamais vu la mer... certaines ont travaillé dans le champs d'autres chez de riches américains... certaines ont accouché dans les champs... certains ont vendu leurs enfants... certaines ont vu leurs maris arrêter par le gouvernement américain pour espionnage au temps où il ne faisait pas bon être japonais aux Etats-Unis... Certaines...

Le livre se contruit ainsi pendant 140 pages et on ne s'en lasse pas, peut être que si ils avaient fait 100 pages de plus ça m'aurait gonflée. On pourrait même croire que l'auteur a choisi la solution de facilté, mais non l'émotion et le talent sont là. Je vous cache pas que je n'ai pas pu lire le livre d'un trait, beaucoup trop émue par le chapitre sur le enfants. Julie Otsuka mérite amplement le prix Fémina Etranger qu'elle a reçu et je conseille vivement ce livre !

Si vous avez aimé La déesse des petites victoires ou L'armoire des robes ouliées de Rikka Pullkinen ou encore Love de Toni Morrison vous aimerez Certaines n'avaient jamais vu la mer.