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02/10/2012

Un mauvais chasseur y voit un truc et y tire

le lynx, sylvia avaloneEn cette rentrée littéraire 2012, beaucoup de livres m'appellent en me tendant leurs pages et leurs énigmes : Atomk[a] de Franck Thilliez, Home de Toni Morrisson, La vie rêvée d'Ernesto G de Guernassia, L'enfant grec de Vassilis Alexakis, La véritée sur l'affaire Harry Quévert de Joël Dicker, La fabrique des illusions de Jonathan Dee, Certaines n'avaient jamais vues la mer de Julie Otsuka, Dans le jardin de la bête d'Erik Larson... pour n'en citer que quelque uns.

Alors comment on fait pour les lire tous ? On a le compte en banque bien fourni et on les achète tous ou on est abonné à une médiathèque et on attend son tour dans la spirale infernale des réservations de la rentrée littéraire.

Alors bon, oui je suis inscrite dans une médiathèque. Sauf que je suis la dernière à avoir les bouquins entre les mains pour les lire tranquillement. C'est moi qui les achète et comme le lecteur passe toujours avant je dois attendre que tout le monde les ai lus pour le faire et me faire ma propre idée... et  oui c'est triste ça casse un mythe les bibliothécaires ne lisent pas au travail. Même si je voulais lire Marc Lévy je le ferais 10 ans après tout le monde.

Mais 2012 est mon année, I did it j'ai lu un livre de la rentrée littéraire avant les lecteurs ! C'est parce que Le Lynx de Sylvia Avalone ne fait que 60 pages que j'ai pu le lire entièrement avant qu'il soit équipé.

Je n'avais jamais lu Sylvia Avalone (très connue pour D'acier), et même si son écriture m'a plu, bien maitrisée dans la forme et le fond j'ai eu comme une sentiment de frustration. C'était trop maitrisé, j'aurais voulu parfois que l'écriture dérape, trouver presque des fautes de syntaxe et des mots un peu plus "brouillons", pour bien illustrer la frustration et le désir du personnage principal.

Parce que Piero est un lynx, un chasseur qui se jette sur sa proie après l'avoir épié, guetté et terrifié. Piero c'est un dominant qui vit en marge de la société avec une bigote pour femme qui lui reproche ses séjours répétés à l'ombre pour braquage de banque, de stations services etc. Il aime les belles bagnoles qu'il se paye avec de l'argent sale, porte des chemises ouvertes sur sa croix "parce qu'il croit en la vierge Marie, mais pas en dieu". Il est clinquant, bling bling comme on dit maintenant. Et la "chasse" pour lui c'est comme une drogue, une poussée d'adrénaline qui le scotche et le fait vivre. Au détour d'un braquage improvisé mais parfaitement maitrisé d'une station service, il rencontre un adolescent aussi paumé que lui mais à son inverse lui l'assume et l'affiche.

Piero ne peut plus se passer de ce gamin dont il n'apprendra presque jamais rien, qui lui dissimule soigneusement sa vie et ses amis. L'adrénaline maintenant c'est de lui qu'elle vient et de ce corps masculin qu'il n'aurait jamais pensé toucher, et encore moins aimé. Oui, parce que souvent les belles voitures vont avec les belles femmes et Piero est un courreur. Et le chasseur devient la proie. Sylvia Avalone sous entend les sentiments de Piero, elle les exprime brillament j'avoue avec beaucoup de pudeur à l'image de Piero qui vit un amour à l'opposé de ce qu'il connait. A savoir si cet amour est partagé, je ne le pense pas, c'est juste l'histoire triste d'un ado paumé qui prend les mains qu'on lui tend pour essayer de se sauver lui même, et d'un macho en fait tout aussi paumé qui comprend qu'on tombe amoureux d'une personne et pas d'un sexe.

 

 

11/09/2012

Fille de mauvaise vie ou RE : lettre à Tonino Benacquista

Tonino... je m'en veux d'avoir descendu en flèche tes Morsures de l'aube...  Là c'est le coeur qui parle, mais pas la raison, car je ne changerais rien à ce que j'ai dit sur cette m... Mais je veux me racheter en parlant de tous les livres de toi qui m'ont tellement plus !

Zou tagazou (ne me demandez pas d'où vient cette expression) parlons maintenant de Malavita.

Une famille de bons américains biens sous tous rapports et apparences emménage en pleine nuit et en pleine discrétion dans un village de Normandie. Ni Maggie, la mère, Belle la fille, Warren le fils ne cherchent à faire de vagues au sein de la communauté Normande qui les accueille. Seul Fred le père de la famille ne semble pas s'accomoder de cette nouvelle vie, et tous les membres de sa famille ont l'air de lui reprocher leur nouvelle existence à l'écart de tout ce qu'ils ont connus avant. Fred, lui, refuse de vivre comme on (mais qui ?) veut lui imposer.

 Mais chassez le naturel iMalvita, Tonino Benacquista, roman mafial revient au galop, Fred n'est pas Fred, Fred c'est le personnage lisse et carré que le FBI a créé pour cacher l'identité de Giovanni Manzoni. Giovanni c'est un sanguin, un violent qui a le sang aussi chaud qu'une sauce arrabiata bien relevée. Giovanni c'est un affranchi, un ancien Wiseguy qui a 16 ans avait déjà arraché les doigts d'un récalcitrant, qui a touché à la coke et aux filles à l'âge où je lisais Mon petit poney flamme. Giovanni il a vendu père, mère, cousins et tous les padrinis de la mafia New-Yorkaise pour sauver sa peau. D'où le lisse Fred, sa nouvelle vie et sa nouvelle identité dans le cadre d'un programme de protection des témoins.

Alors quand Fred trouve une machine à écrire à la cave et se met en tête d'écrire ses mémoires, lui qui n'a même jamais ouvert un livre, le FBI voit rouge encore plus rouge qu'un sauce aux pepperonis.

Loin de moi l'idée de faire l'apologie du crime, qui plus est organisé, mais on (je) ne peux pas nier que La Cosa Nostra, La Pieuvre, L'Honorable Société ou quelle que soit son nom,  que depuis Les Parrains, inspirés des livres de Mario Puzzo, ce monde exerce une fascination sur les lecteurs. Et là, ça ne rate pas, les bad boys moi j'aime ça ! Et quand c'est Benacquista qui raconte c'est un vrai bonheur !

 

Si vous voulez de la vraie, de l'authetique catsagne de mafieux, lisez Le Testament du dernier parrain de Bill Bonano, un ancien padrino qui a écrit ses mémoires à la conditon expresse qu'elles ne soient publiées qu'après sa mort.

04/09/2012

Fil d'arianne

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Et bien moi contrairement à beaucoup La Maison de soie, pastiche de Sherlock Holmes par Anthony Horowitz m'a laissé un peu de marbre. En comparaison, si on veut parler d'un pastiche récent de Sherlock Holmes (même si ce n'est en pas vraiment un car le personnage principale est Conan Doyle), j'ai préféré 221B Baker street de Graham Moore.
Certes c'est bien écrit et le récit fourmille de références au Canon (à force de lire des pastiches on devient expert), mais je n'ai pas retrouvé le ton de Sherlock Holmes ni la dynamique des récits originaux.


Alors oui, c'est censé être de la littérature pour adolescents mais là je ne suis pas d'accord, j'imagine peu de lecteurs de moins de 16 ou 18 ans lire ce livre, déjà parce que le livre est plutot long mais aussi parce que l'intrigue est je l'avoue bien ficelée. Et puis moi je l'ai lu en Large Vision (= gros caractères pour ceux qui ont des problèmes de vue, donc généralement des personnes âgées).

Ce n'est donc pas que je n'apprécie pas la littérature jeunesse, non c'est tout simplement que le personnage de Sherlock Holmes par Horowitz ne me plait pas, il est loin de la figure tout en extrême qu'on connait... et où sont passées ses interminables exposés de déductions ? Alors oui, bien sur chaque auteur teinte le personnage  de sa patte personnelle, mais bon là, sans plus.