Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

20/02/2013

Lecteurs s'abstenir !

S'il y a une grande mode dès que l'on parle de littérature c'est de lister les 100 livres qu'il faut avoir lu dans sa vie pour (au choix) : être intelligent, être faux-cul, se la péter en société, paraître plus intelligent que l'on ne l'est, être à la page (ahahah), ne pas paraître abruti, ne pas faire tâche, être bon en math, ne pas rater sa vie, ne pas avoir de regrets, courir le 100 mètres en moins de 10 secondes, ne blesser personne, ne pas perdre des points de permis, comprendre pourquoi son chat est fou, comprendre les fondements de l'univers, faire cuire un oeuf à la coque.........................

Mais on ne liste jamais les livres QU'ON NE DEVRAIT PAS AVOIR LU DANS SA VIE.

Cette liste n'engage que moi et mes goûts personnels et je suis ouverte à toute argumentation visant à me faire réviser mon jugement. Et croyez moi que pour certains auteurs cela me fend le coeur car j'ai adoré d'autres de leurs bouquins :

  • La Vie est brève et le désir sans fin de Patrick Lapeyre
  • La Chartreuse de Parme de Stendhal
  • Ne le dis à personne d'Harlan Coben
  • L'Amour est une chose étrange de Joseph Connolly
  • La Consolante d'Anna Gavalda
  • Les Morsures de l'aube de Tonino Benacquista
  • Le Prince de la brume  et Le Jeu de l'ange de Carlos Ruiz Zafon
  • Le Crime était déjà écrit de Jean-Marie Tixier
  • L'Enfant allemand de Camilla Lackerg
  • Anges et démons de Dan Brown
  • Da Vinci code de Dan Brown
  • Les Chroniques d'Edimbourd d'Alexander McCall Smith
  • Les Chaussures italiennes d'Henning Mankell
  • Grand maître de Jim Harrison
  • Je vais bien ne t'en fais pas d'Oliver Adam
  • Ce que savait le chat de Martha Grimes
  • La Grammaire est une chanson douce d'Erik Orsenna

19/02/2013

Les derniers jours d'un humaniste

les derniers jours de stefan zweig, laurent seksik, guillaume sorelDe Stefan Zweig on connait l'oeuvre et l'humanisme qu'il le caractérisait. On connait Le joueur d'échec, La confusion des sentiments ou Vingt-Quatre heures de la vie d'une femme. Mais on connait moins les circonstances qui entourent sa triste mort.

Pourquoi un homme qui croyait tant aux valeurs de l'humanisme se donne t-il la mort ? (Oui pas très drôle aujourd'hui...). La réponse réside assurément dans le contexte mondiale et historique des Derniers jours de Stefan Zweig et dans son exil forcé hors d'Europe. La seconde guerre mondiale et le nazisme sont à l'origine de la fuite des cerveaux les plus grands de l'Europe, Stefan Zweig comme son ami Albert Einstein (à qui il dédia sa biographie de Freud, ou Jung, je ne suis plus très sûre) ne fait pas exception. Ayant perdu la foi dans le genre humain qui le caractérisait, Stefan Zweig s'en est allé d'abord en Angleterre, puis à New-York, et sera accueilli en héros au Brésil.

Le Brésil, là où commence Les Derniers jours de Stefan Zweig de Laurent Seksik et Guillaume Sorel. Je ne peux pas vous parler du roman en lui-même car je ne l'ai pas lu, aujourd'hui pour changer ce sera l'adaptation BD !

Accompagné de sa seconde femme, Lotte, de santé fragile et bien plus jeune que lui, ils fixent leur exil apatride dans la douce ville de Petropolis. Douce et belle est Petropolis, et Sorel lui rend hommage avec des couleurs à la fois pastels et "luxuriantes" (oui une couleur peut être "luxuriante" !) qui contrastent tellement avec la noirceur de l'époque et la désillusion de Zweig en l'espèce humaine que décrit Seksik.

J'ai envie de dire, les couleurs sont pour Lotte, pleines de vie et d'avenir et les mots sont pour Zweig, désabusés et meurtris.

Mais comment vivre dans ce monde qui n'est plus Le monde d'hier*? Les Derniers jours de Stefan Zweig auraient pû s'intituler Les Derniers jours d'un condamné**, dont la fin est à la hauteur de toute l'espérance qu'il plaçait dans le genre humain.

Je salue très sincèrement le travail de Seksik et Sorel. C'est une superbe BD visuellement parlant et le fruit d'un très beau travail entre auteur et illustrateur. Je dis chapeau !

 

* : Stefan Zweig entama son autobiographie Le Monde d'hier, souvenirs d'un européen en 1934 en pleine montée du nazisme et l'envoya à son éditeur la veille de son suicide en 1942. Le Monde d'hier  c'est Zweig dans la vie artistique et intellectuelle du début du 20ème siècle et les profonds changements sociaux et politiques qui ébranlèrent l'Europe à cette époque.

** : roman de Victor Hugo décrivant... tout est dans le titre.

12/02/2013

Certaines ont lu un livre...

Voilà encore un livre de femmes écrits par une femme. Dans Certaines n'avaient jamais vuCertaines n'avaient jamais vu la mer julie otsuka la mer de Julie Otsuka, la voix des ces femmes japonaises vendues par leurs familles à des japonais qui ont émigrés aux Etats-Unis au début du 20éme siècle est carrément bouleversant. La narratrice qui n'est pas une femme mais toutes CES femmes à la fois, décrit leur parcours de vie et leurs désillusions. Elles pensaient que leurs vies allaient changer, que les hommes qu'elles allaient épouser leur offriraient une vie de confort et de richesse alors qu'elles se retrouvent à travailler dans les champs, à perdre leurs enfants leurs innocence et leurs illusions.

Certaines n'avaient jamais vu la mer... certaines ont travaillé dans le champs d'autres chez de riches américains... certaines ont accouché dans les champs... certains ont vendu leurs enfants... certaines ont vu leurs maris arrêter par le gouvernement américain pour espionnage au temps où il ne faisait pas bon être japonais aux Etats-Unis... Certaines...

Le livre se contruit ainsi pendant 140 pages et on ne s'en lasse pas, peut être que si ils avaient fait 100 pages de plus ça m'aurait gonflée. On pourrait même croire que l'auteur a choisi la solution de facilté, mais non l'émotion et le talent sont là. Je vous cache pas que je n'ai pas pu lire le livre d'un trait, beaucoup trop émue par le chapitre sur le enfants. Julie Otsuka mérite amplement le prix Fémina Etranger qu'elle a reçu et je conseille vivement ce livre !

Si vous avez aimé La déesse des petites victoires ou L'armoire des robes ouliées de Rikka Pullkinen ou encore Love de Toni Morrison vous aimerez Certaines n'avaient jamais vu la mer.