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25/03/2013

C'est pas la première impression qui compte

le prisonnier du ciel, carlos ruiz zafon, guerre civile espagnoleJe l'ai déjà dit, il y a des livres dont j'ai peur de parler pour ne pas laisser s'envoler la magie de la lecture par des banalités qui ne sont pas à la hauteur du livre. Mais je me lance quand même. Il y a quelques années on m'a offert 2 fois le même noël L'Ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon. Ca a été une révélation, un rêve fantasmagorique de 400 pages dans les brumes épaisses d'une Barcelone qui ne ressemble en rien à celle de L'Auberge espagnole de Klapish Puis il y eu la suite, Le Jeu de l'ange, un prequel comme on dit maintenant, qui chronologiquement pose les pierres du premier tome. Et là j'ai trouvé ça glauque et presque malsain. Une grosse déception pour moi.

Et début 2013, sort Le Prisonnier du ciel, le troisième tome de cette trilogie qui peut se lire dans le désordre, même si vous le verrez si vous vous lançez, c'est en lisant les 3 tomes à la suite qu'on se rend compte du tour de forçe littéraire de Zafon. J'ai eu du mal à l'acheter, je voyais Le Prisonnier du ciel m'appeler sur les rayonnages des librairies comme un souvenir de L'Ombre du vent. Mais c'est pour les lecteurs de la bibliothèque que je l'ai acheté plus que pour moi, sachant qu'on nous le demanderait. Et ça a été plus fort que moi, je l'ai ouvert...

Le Prisonnier du ciel est la "réécriture" réaliste du Jeu de l'ange, tout simplement. On y retrouve les Sempere père et fils, les gardiens d'une librairie barcelonnaise, l'ombre de Fumero le bourreau de la guerre civile espagnole, David Martin le jeune écrivain qui perd son âme en acceptant d'écrire le roman du siècle pour le compte d'un personnage diabolique dans Le Jeu de l'ange. Et Fermin. Fermin le protecteur de la famille Sempere. Un petit margoulin qui a traversé la guerre civile dans ce qu'il y a de plus horrible, qui n'a pas la langue dans sa poche et connait les moindres recoins de la Barcelone gothique aux brumes fantasmagoriques de Zafon.

En 1957, un curieux personnage à la gueule cassé et au corps qui l'est encore plus, laisse un message à Fermin. Il posséderait quelque chose qui ne lui appartient pas, une clef. Plus que la clef d'un coffre, celle ci ouvre les portes du passé de Fermin, des secrets de la famille Sempere et les portes de la prison du Fort de Montjuic. A Montjuic, pendant la guerre civile, on a tué, rabaissé les hommes , torturé et laisser la cupidité et la soif de pouvoir prendre le dessus. Comme une boite de Pandore le fort de Montjuic est chez Zafon le berceau des atrocités de la guerre civile et de la "cupidité" (vous comprendrez en lisant le livre) de certains. Et c'est un chef d'ouvre littéraire, un tour de forçe dans la même veine que Shutter Island de Dennis Lehanne. 

Et si vous aimez Le Prisonnier du ciel, vous aimerez également Ana non d'Agustin Gomez Arcos, l'histoire poétique d'une mère qui vit seule la tourmente de la guerre civile espagnole et l'emprisonnement de son fils dissident de Franco.

 

12/02/2013

Certaines ont lu un livre...

Voilà encore un livre de femmes écrits par une femme. Dans Certaines n'avaient jamais vuCertaines n'avaient jamais vu la mer julie otsuka la mer de Julie Otsuka, la voix des ces femmes japonaises vendues par leurs familles à des japonais qui ont émigrés aux Etats-Unis au début du 20éme siècle est carrément bouleversant. La narratrice qui n'est pas une femme mais toutes CES femmes à la fois, décrit leur parcours de vie et leurs désillusions. Elles pensaient que leurs vies allaient changer, que les hommes qu'elles allaient épouser leur offriraient une vie de confort et de richesse alors qu'elles se retrouvent à travailler dans les champs, à perdre leurs enfants leurs innocence et leurs illusions.

Certaines n'avaient jamais vu la mer... certaines ont travaillé dans le champs d'autres chez de riches américains... certaines ont accouché dans les champs... certains ont vendu leurs enfants... certaines ont vu leurs maris arrêter par le gouvernement américain pour espionnage au temps où il ne faisait pas bon être japonais aux Etats-Unis... Certaines...

Le livre se contruit ainsi pendant 140 pages et on ne s'en lasse pas, peut être que si ils avaient fait 100 pages de plus ça m'aurait gonflée. On pourrait même croire que l'auteur a choisi la solution de facilté, mais non l'émotion et le talent sont là. Je vous cache pas que je n'ai pas pu lire le livre d'un trait, beaucoup trop émue par le chapitre sur le enfants. Julie Otsuka mérite amplement le prix Fémina Etranger qu'elle a reçu et je conseille vivement ce livre !

Si vous avez aimé La déesse des petites victoires ou L'armoire des robes ouliées de Rikka Pullkinen ou encore Love de Toni Morrison vous aimerez Certaines n'avaient jamais vu la mer.

04/02/2013

Ils sont fous ces autraliens !

l'ivresse du kangourou, kenneth cookSi vous avez aimé L'ivresse du Kangourou de Kenneth Cook vous aimerez Piège Nuptial, l'adaptation BD par Christian de Metter du roman de Douglas Kennedy !

Un kangourou alcoolique, un chien plus gros qu'un poney qui croise un chat plus gros que le chien mutant, des australiens qui tiennent plus à leurs chiens qu'à leurs 4x4, un aborigène capable de fPiege-nuptial002_JDM_138162.jpgaire disparaitre le cricket de la surface de la terre et au milieu un narrateur poisseux et froussard qui aime les grands espaces du bush australien agréémentés de bon whisky.

Voilà ni plus ni moins, ce que vous croiserez au détour des 14 nouvelles de L'ivresse du Kangourou . C'est un peu la déglingue de la nature et ça se lit super bien si on veut rêver de grands espaces et piquer de petits fou-rires !

piège nuptial, christian de metter, douglas kennedy

La déglingue est aussi au rendez-vous dans Piège Nuptial avec ses red-necks autraliens et consanguins qui n'hésitent pas à kidnapper un pauvre touriste désabusé pour amener un peu de sang frais dans leur communauté perdue au fin fond du bush